http://www.observatoiredescosmetiques.com/actualite/la-cosmetotheque/peau-clinique-2678

Caractériser la peau constitue depuis très longtemps l'un des prérequis majeurs à l'utilisation correcte des cosmétiques et bien évidemment au choix des ingrédients. Que d'efforts et de travaux pour définir ce tissu complexe qu'est la peau, et plus spécifiquement sa partie supérieure. Dans ce dossier, nous nous proposons de retracer l'histoire de cette démarche.

Quand on parle de produits de beauté et de cosmétique, on réduit presque toujours le débat aux produits ou aux ingrédients. Certes, ils jouent un rôle important, et quelquefois participent activement à la définition du produit. Ceci était particulièrement vrai lorsque nous étions dans le monde de la "recette miraculeuse". Mais il y a toute une série de choses indispensables et qui entourent ces activités. C'est par exemple l'éternelle question : quel est mon type de peau ? En effet, caractériser la peau constitue depuis très longtemps l'un des prérequis majeurs à l'utilisation correcte des cosmétiques et bien évidemment au choix des ingrédients. C'est encore une préoccupation actuelle, et l'on peut très facilement trouver à ce jour des guides et des démarches permettant de satisfaire à cet exercice, par exemple sur le site du Figaro ou sur celui de Skin Science.

Or, c'est peut-être sur la définition de la peau, et plus particulièrement de la peau saine, celle qui n'est pas "pathologique", c'est-à-dire celle qui est le domaine de prédilection des cosmétiques, que l'industrie a progressé le plus.

Cantonné longtemps à l'état de "tissu mort", ou encore à une simple classification en 3 types de peaux de base : sèche, grasse et normale (Helena Rubinstein 1910), la peau et la caractérisation des états cutanés vont permettre à l'industrie des progrès significatifs tant en ce qui concerne l'efficacité que l'innocuité des préparations. En effet, adresser correctement un cosmétique en fonction des caractéristiques de la peau permet d'accroître son efficacité et de renforcer son acceptabilité. Rien de plus de délicat que d'agresser une glande sébacée déjà en ébullition, de "délipider" une peau alipique ou encore d'irriter une peau fragile.

Mais tout ceci n'a pas été sans heurts et sans difficultés. De la classification proposée par Helena Rubinstein en 1910, aux définitions actuelles, en incluant la classification des phototypes, la classification de Roberts ou encore celle de Bauman, que d'efforts et de travaux pour définir ce tissu complexe qu'est la peau, et plus spécifiquement sa partie supérieure.

Dans ce dossier, nous nous proposons de retracer l'histoire de cette démarche, ayant conduit au passage à la naissance de la biométrologie, jusqu'aux apports les plus récents et les probables applications, en passant par toute une série d'expériences relatives à des projets de caractérisation et de définition de l'état cutané.

C'est Michelle Vincent qui décrira les débuts quelquefois balbutiants de cette nouvelle science qu'est la biométrologie. Elle vous aidera à comprendre les démarches et les applications que certains ont essayé d'en tirer et les perspectives que l'on peut en attendre. Des témoignages concernant des projets ambitieux et prometteurs comme le CERCO ou le CERIES seront abordés. Nous nous attarderons également un peu sur l'école de Besançon avec les travaux du Professeur Agache, et les extensions actuelles (le CERT) dirigées par Philippe Humbert.

Nous avons eu de nombreux débats quant à la définition de ce dossier. Biométrologie, Biophysique et je ne sais quel autre qualificatif auraient peut-être tout aussi bien fonctionné. 

Nous avons finalement retenu "Peau clinique", de par sa simplicité, mais également car elle rend assez bien compte de la démarche qui sous-tend ces observations et ces travaux.

Bonne lecture.

Contribution réalisée par Jean Claude Le Joliff
Biologiste de formation, Jean Claude Le Joliff a été un homme de R&D pendant de nombreuses années. Successivement en charge de la R&D, puis de la Recherche et de l'Innovation dans un grand groupe français de cosmétiques et du luxe, et après une expérience de création d'un centre de recherche (CERIES), il s'est tourné vers la gestion de l'innovation.
Il a été par ailleurs Professeur associé à l'Université de Versailles Saint Quentin (UVSQ) et reste chargé de cours dans le cadre de plusieurs enseignements spécialisés : ISIPCA, IPIL, ITECH, UBS, UCO, SFC etc.
Il est le fondateur de inn2c, société de conseil en R&D et Innovation. Consultant auprès de plusieurs sociétés internationales, il a participé activement à des projets comme Filorga, Aïny, Fareva, et bien d'autres.
Il a créé la Cosmétothèque®, premier conservatoire des métiers et des savoirs faire de cette industrie.
© Cosmétothèque® – Tous droits réservés
Vos réactions

Merci de vous identifier pour voir les commentaires

Tous les articles [12]
11 JANVIER 2017 La Cosmétothèque
Une jeune fille pleine de vitalité : la réglementation cosmétique européenne

Cette jeune création, qui continue d’être l’objet du tourment permanent d’un grand nombre de professionnels de l’industrie cosmétique, en bien ou en mal, fait encore l’actualité. Mais qui est-elle ? Après avoir été en... [Lire la suite]

29 AVRIL 2015 La Cosmétothèque
La peau sous toutes ses coutures – Partie 3

Dans cette partie, Michelle Vincent nous entraîne vers d'autres contributions, celles décrivant comment certaines sociétés privées ont assuré la continuité des travaux de recherche universitaire en bio-ingénierie cutanée pour... [Lire la suite]

22 AVRIL 2015 La Cosmétothèque
La peau sous toutes ses coutures – Partie 2

Michelle Vincent nous invite à poursuivre la découverte de la recherche clinique en cosmétique au travers des travaux et des contributions qui ont aidé petit à petit à décrire la notion de "peau saine". Ces approches ont permis des avancées... [Lire la suite]

26 NOVEMBRE 2014 La Cosmétothèque
Hydratation cutanée : point de vue du formulateur

Voici une petite histoire de l'hydratation, vue du point de vue du formulateur au travers les ingrédients (tirée d'une conférence de Jean Claude Le Joliff à la Société Francophone d’Ingénierie et d’Imagerie Cutanée (SF2iC) -... [Lire la suite]

12 NOVEMBRE 2014 La Cosmétothèque
La peau sous toutes ses coutures

1. De l’observation à la mesure: Naissance de la biométrologie cutanée. La peau est l’organe visible par excellence. Prendre soin de sa peau fait partie intégrante de la vie. Quelles que soient les civilisations, l’humain a toujours... [Lire la suite]

5 NOVEMBRE 2014 La Cosmétothèque
Secrets de Beauté

La Cosmétothèque® vous invite à un voyage initiatique dans le monde et dans l'histoire de la cosmétique. Alors que Paris accueillait le 28e Congrès de l’IFSCC, dont nous avons relaté les prémices sur les fonts baptismaux,... [Lire la suite]

© Thinkstock
29 OCTOBRE 2014 La Cosmétothèque
Le Mascara

"Chaque femme mérite un homme qui ruine son rouge à lèvres, mais pas son mascara!" Les cils n’ont jamais autant été regardés qu'aujourd'hui. Le maquillage des cils, et du contour de l’œil plus généralement, est... [Lire la suite]

8 OCTOBRE 2014 La Cosmétothèque
Quand les Protéines s’associent aux Lipides - Dossier

La biochimie est la discipline scientifique qui étudie les réactions chimiques ayant lieu au sein du vivant et par conséquent, au sein des cellules. On prête à Carl Neuberg la création de ce terme en 1903 d'après la racine grecque... [Lire la suite]

2 AVRIL 2014 La Cosmétothèque
La Maison Dorin

Quand j'ai commencé à travailler sur ce projet de la Cosmétothèque®, j'ai essayé de rencontrer certaines personnes qui m’apparaissaient comme étant utiles pour faire avancer le projet. Parmi celles-ci, il y a Jean-Marie Hattemberg, qui exerce... [Lire la suite]

Par Aram Dulyan (User:Aramgutang) (Travail personnel) [Public domain], via Wikimedia Commons
26 FEVRIER 2014 La Cosmétothèque
Bore et Beauté – Dossier

Le SCCS a réévalué en décembre 2013 la question des composés du bore. En effet, certains sont classés comme CMR de catégorie 1B selon la partie 3 de l’annexe VI du règlement CLP 1272/2008. De plus, il est noté que certains... [Lire la suite]