Bien choisir ses cosmétiques
Perturbateurs endocriniens : bébés en danger !
Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui peuvent affecter le système hormonal. Certaines ont la faculté d'imiter l'action d'une hormone ou de bloquer son récepteur. D'autres entravent l'acheminement des hormones, leur production ou leur dégradation dans l'organisme. On sait que leur effet est particulièrement nuisible lors de la période embryonnaire et pendant la petite enfance : durant cette phase, le développement et la fonction à venir des organes peuvent être perturbés, avec notamment pour conséquence de graves malformations et/ou des dysfonctionnements de l'appareil sexuel. Ils seraient également responsables de la baisse importante de la fertilité observée dans de plus en plus de pays occidentaux actuellement.
Durant les toutes premières années de la vie, les perturbateurs endocriniens se révèlent d'autant plus dangereux qu'ils le sont à des doses très faibles, dès que l'organisme est en contact avec plusieurs d'entre eux. Considérés de façon isolée, ils apparaissent neutres et sans effet ; ensemble, ils ont un impact qui peut s'avérer dramatique. C'est l'« effet cocktail » que les associations écologistes dénoncent depuis des années, et que les scientifiques sont de plus en plus à même aujourd'hui de mesurer.
Les doses de sécurité ne prennent pas en compte les expositions multiples
Il faut savoir que les doses de sécurité fixées pour permettre l'utilisation de ces substances sont toujours calculées pour chacune d'entre elles, indépendamment les unes des autres, et que nous sommes tous, tous les jours, en contact avec plusieurs perturbateurs endocriniens, et même généralement de très nombreux d'entre eux. Beaucoup sont déjà identifiés comme les alkylphénols, les phtalates, le Bisphénol A, les composés polychlorés ou organochlorés... que l'on trouve dans des matières plastiques (c'est notamment le cas de certains biberons pour le Bisphénol A), des pesticides, des émissions de gaz en provenance d'industries, des eaux contaminées, également dans l'alimentation, parfois des médicaments... et certains cosmétiques.
Il est vrai que passée la période critique de la vie embryonnaire et de la petite enfance, l'organisme se montre beaucoup moins sensible à ces substances, même lorsqu'il y est exposé à des doses élevées. Mais, encore une fois, aux premiers stades de la vie humaine, leur effet peut être terrible, pour l'enfant lui-même comme pour les générations futures : une étude menée sur des rats a montré que si la mère avait été en contact avec des perturbateurs endocriniens pendant une période critique, ces effets pouvaient être détectés chez ses descendants, et ce jusqu'à la quatrième génération...
