Apprendre à lire les étiquettes
La mention "Sans" en cosmétique
La cosmétique "Sans" a le vent en poupe. Et cet argument de vente bien particulier se retrouve de plus en plus fréquemment sur les étiquettes de nos produits. Attention, il ne faudrait pas la lire "sans" bien la comprendre et "sans" la considérer pour ce qu'elle est réellement. Décryptage.
"Sans conservateur, Sans paraben, Sans phénoxyéthanol, Sans PEG, Sans silicone, Sans phtalates, Sans éther de glycol, Sans filtres chimiques, Sans colorants ni parfum d’origine synthétique, Sans fluor, Sans alcool, Sans matières premières animales, Sans paraffine, Sans lanoline, Sans dérivés de la pétrochimie, Sans SLS, Sans édulcorants de synthèse, Sans sels d’aluminium, Sans extraits animaux, Sans savon, Sans propylène glycol, Sans EDTA, Sans allergènes étiquetables selon la législation en vigueur, Sans ingrédients éthoxylés, Sans OGM, Sans huile minérale, Sans…"…
Ah oui, la liste est longue, de ces choses que certains cosmétiques peuvent ne pas contenir ! Et, qu’il s’agisse d’un seul composé ou de toute une liste, le "Sans" s’affiche en général bien en évidence. Soit dès le devant de l’étiquette, en mention fort lisible ou sous forme de logo, soit dans l’argumentaire à l’arrière, surtout quand il s’agit d’une énumération à plusieurs entrées, regroupées aux alentours d’autres mentions ("Non testé sur animaux", "Emballage recyclables", "Pour une cosmétique sûre", "Notre engagement éthique", etc., etc. !!!).
Une mention non réglementée
Rien de prévoit ni n’encadre ce type de mentions dans la réglementation qui régit les cosmétiques. L’indication de ce qu’ils ne contiennent pas repose sur la seule initiative du fabricant, et le contenu comme la longueur de l’énumération sont placés sous sa responsabilité.
Il arrive que l’exactitude de la mention soit contrôlée par les autorités sanitaires (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ou Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, principalement), avec d’ailleurs plus ou moins de bonheur et de (mauvaises) surprises.
Mais ces vérifications, qui requièrent une analyse complète des produits en laboratoires, sont longues et coûteuses, et il serait très exagéré d’affirmer qu’elles constituent le quotidien de ces services (par ailleurs en charge de très nombreuses missions qu’ils doivent assumer avec assez peu de moyens, il faut le souligner).
