L'actualité des cosmétiques
Cosmétiques pour bébés : la réponse de l’Afssaps au C2DS
La campagne « anti-malette » entamée par le C2DS (Comité pour le développement durable en santé) à l'automne 2008 avait fait grand bruit et alerté l'opinion. Ce groupe de médecins, chimistes, cancérologues, directeurs d'établissements de santé et de maternités accusait alors les malettes offertes à la naissance aux jeunes mamans de représenter un véritable « cocktail toxique » contenant des produits dont on pouvait douter de l'innocuité. On attendait depuis la position de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) sur les cosmétiques pour bébés. Elle vient d'être rendue publique.
Suite à la polémique et à l'inquiétude nées de l'appel du C2DS, l'Afssaps (autorité sanitaire en charge de la surveillance et de la sécurité des produits de santé, et donc des cosmétiques) a mis en place plusieurs actions.
Il s'agissait d'abord de dresser un état des lieux, par le biais d'un programme d'inspections et de contrôles des fabricants de cosmétiques à destination des enfants de moins de 3 ans, mené en collaboration avec la DGCCRF (Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes).
Par ailleurs, un groupe de travail mis en place pour la circonstance était chargé d'élaborer des recommandations destinées aux industriels pour garantir l'innocuité de leurs produits.
Bilan des contrôles : "globalement satisfaisant"
Rappelant en préambule que la réglementation ne prévoit pas d'autorisation préalable de mise sur le marché pour un cosmétique (même s'il est destiné aux jeunes enfants), l'Afssaps se veut toutefois rassurante suite à la mise en œuvre de son rôle de surveillance du marché.
Sur les 35 inspections qui ont été conduites et ont porté sur un ensemble de 79 produits (gels lavants, laits de toilette, shampooings, crèmes pour le change, eaux parfumantes, lingettes, nettoyantes, etc.), avec prélèvements et analyses à la clé, seules quelques-unes ont été jugées non satisfaisantes. La plupart, selon la synthèse présentée ce 27 octobre, respectait les dispositions règlementaires en vigueur concernant la composition, la qualité microbiologique, l'étiquetage et le contenu du dossier réglementaire.
Ce rapport précise que les produits examinés ne contenaient aucune substance interdite.
Certes, certains d'entre eux contiennent des conservateurs en nombre important (et parmi eux les parabens et phénoxyéthanol dénoncés par le C2DS) mais l'Agence précise que les analyses effectuées ont montré que les restrictions d'emploi concernant les agents conservateurs sont respectées.
Les analyses ont également montré une bonne qualité microbiologique des produits.
Les quelques manquements à la réglementation relevés concernent 8 non-conformités dans la liste des ingrédients, des défauts de déclaration des allergènes, quelques erreurs d'étiquetage... Et l'Afssaps de conclure que le taux de conformité des échantillons analysés est élevé si on le compare aux résultats généralement observés pour les produits cosmétiques destinés aux adultes.
Tout va bien alors ? Oui, si on en croit l'Agence et si on estime que les garanties apportées à la réglementation sont suffisantes.
Dans un document annexe, l'Afssaps prend même la peine de rappeler :
- que le seul phtalate autorisé a fait l'objet de plusieurs évaluations au niveau européen qui ont toutes conclu à son innocuité pour un usage cosmétique...
- que des études de toxicité générale (aiguë, subaiguë ou chronique) réalisées sur différentes espèces animales ont permis de montrer l'absence d'effets toxiques, génotoxiques, cancérogènes, ou tératogènes des parabens...
- que c'est suite à l'intervention de l'Agence que les éthers de glycol ont fait l'objet d'une évolution de la réglementation communautaire...
- et pour faire bonne mesure que les données concernant l'innocuité des produits cosmétiques contenant de l'aluminium "semblent satisfaisantes"...
Même si l'évaluation des données scientifiques concernant les parabens n'est pas terminée au niveau européen, et même si le seul éther de glycol qui n'ait pas été concerné par l'évolution de la réglementation soit justement le phénoxyéthanol...

