Ils font les cosmétiques
Claire Gagliolo, fondatrice d'Officinea
Elle est aussi claire que le laisse entendre son prénom. Claire Gagliolo fait dans la franchise et la transparence. La marque de cosmétiques qu'elle a créée est à son image : simple mais de qualité, exigeante au point de toujours vouloir atteindre la perfection mais en restant également agréable et lumineuse, responsable et citoyenne jusqu'au bout de ses packagings.
Les débuts difficiles, tout le monde connaît, Claire Gagliolo les a bien expérimentés. Très jeune, issue d'un milieu modeste, elle doit garder des enfants pour financer ses études. Ce sont ceux d'une pharmacienne, qui lui transmet la passion de la matière (à défaut de celle du travail en officine). Pas simple pour cette jeune fille, qui n'est pas fille de pharmacien, de trouver sa place à la fac, où ses compagnons s'étonnent (et se moquent un peu aussi) de sa présence puisque qu'elle n'a pas le « comptoir de Papa » à reprendre !
Mais de comptoir, de toute façon, elle n'en veut pas. Elle ne se voit pas commerçante à vendre des médicaments toute la journée, pas davantage passer sa vie à monter des dossiers d'Autorisation de Mise sur le Marché... Le nom qu'elle donne quelques années plus tard à sa marque rappelle ce choix de ses débuts : OFF-ICI-NEA, pour la pharmacienne qui travaille en off, en dehors de l'officine...
Un bref passage dans une des premières parapharmacies de Marseille (un pied de nez aux pharmaciens bien « installés » !), elle finit par choisir l'industrie, devient Responsable des relations avec les pharmaciens hospitaliers. Sur la route, elle aime sa liberté, son relationnel riche avec les médecins, la formation continue que ses responsabilités exigent. À l'occasion d'un licenciement, cette pharmacienne décide d'approfondir ses connaissances en cosmétologie et en esthétique, reprend les études, passe et obtient ses examens haut-la-main.
Un engagement nourri de convictions
L'industrie pourtant la reprend, forte de ses conditions salariales très avantageuses... mais à raison de 60 heures par semaine. Au moment où son mari, qui vient de réussir sa reconversion en professeur de français, travaille à mi-temps, le décalage entre leurs rythmes de vie est rude. Et les doutes s'installent, l'envie de « dormir tous les soirs à la maison » de plus en plus présente, la frustration de n'avoir pas concrétisé sa formation cosmétique de plus en plus forte. 2004 est l'année d'une grosse remise en questions, d'un congé sabbatique... et du début de l'aventure d'Officinea.


