L'actualité des cosmétiques
Bisphénol A : l'Afssa souligne la problématique d’évaluation des perturbateurs endocriniens
La polémique et les différentes études scientifiques publiées sur les dangers du Bisphénol A, notamment pour les fœtus, avait amené l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) à s’autosaisir du dossier en demandant à ses comités d’experts d’étudier le sujet. Les conclusions de cette expertise viennent d’être rendues publiques de 5 février.
On attendait les résultats de cette expertise, d’abord parce que la présence de Bisphénol A dans les biberons suscite beaucoup d’inquiétudes, mais aussi parce que composé fait partie des perturbateurs endocriniens, substances très diverses et présentes dans de très nombreux produits d’utilisation quotidienne… comme les cosmétiques.
On soulignait déjà dans des articles précédents sur ce site les dangers des perturbateurs endocriniens, actifs à de très faibles doses, notamment pour les bébés. Ils sont notamment suspectés de provoquer de graves malformations et/ou des dysfonctionnements de l'appareil sexuel et seraient également responsables de la baisse importante de la fertilité observée dans de plus en plus de pays occidentaux actuellement.
Le moins qu’on puisse dire aujourd’hui est que le rapport des experts de l’Afssa ne rassure pas. Car s’il affirme d’abord que rien ne permet de "remettre en cause les précédentes évaluations du risque sanitaire", qui concluaient à une absence de risque, c’est surtout du fait des failles méthodologiques des études menées jusqu’à présent à ce sujet.
Des effets à faibles doses
Le communiqué diffusé par l'agence n’en souligne pas moins les "des effets subtils, observés après une exposition in utero et postnatale à des doses inférieures à celle sur laquelle se fonde la DJT (Dose Journalière tolérable)", qu’ils interprètent comme des "signaux d’alerte".
Et d’ajouter que "dans le cas des composés perturbateurs endocriniens pouvant exercer des effets différents selon le stade de développement (fenêtres critiques d’exposition au cours desquelles des effets néfastes peuvent apparaître, en particulier la période périnatale), la DJT n’apparaît pas être l’approche d’évaluation des risques la mieux adaptée".
À côté de quelques conseils de prudence et de recommandations méthodologiques sur les études à mener pour approfondir les connaissances sur ces substances, l’Afssa pointe surtout aujourd’hui que "les signaux d’alerte observés avec le Bisphénol A soulèvent la problématique plus globale de l’évaluation des perturbateurs endocriniens".

