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Le coin des allergiques

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Allergies aux cosmétiques - Compte-rendu des Journées Dermatologiques de Paris

© L’Observatoire des Cosmétiques

Les Journées dermatologiques de Paris se sont tenues à la mi-décembre. Organisées par la Société française de dermatologie, elles permettent aux professionnels de faire le point sur les dernières connaissances dans leur domaine. Au programme de la dernière session : les allergies aux cosmétiques.

Par le Docteur Marie-Pierre Hill-Sylvestre, dermatologue expert de L'Observatoire des Cosmétiques

Durant ces journées, trois conférences étaient organisées sur le thème des allergies aux cosmétiques. Réglementation en vigueur, allergènes émergents, prise en charge d'une façon générale ou cas particuliers des produits capillaires ou des crèmes solaires... : une occasion d'approfondir un sujet qui suscite toujours plus de consultations dans les cabinets des dermatologues.

Première partie : Réglementation et prise en charge

La réglementation européenne des cosmétiques impose sur toutes les étiquettes l'affichage de la liste des ingrédients, déclarés sous les noms que leur attribue la nomenclature INCI, par ordre de concentration décroissante.
Le patient allergique et son médecin doivent apprendre à lire en langage INCI, ce qui n'est pas toujours si facile...Quelques exemples de ce langage INCI :

  • Les plantes gardent souvent leur nom latin : Myroxilon pereirae désigne le baume du Pérou.
  • Les noms des ingrédients d'origine chimique sont souvent difficilement compréhensibles : ainsi, l'Hydroxyisohexyl 3 cyclohexene carboxaldehyde n'est autre que le lyral (un allergène récemment intégré dans la batterie standard européenne de 2009).
  • L'eau est déclarée sous le terme d'Aqua (alors qu'elle prend le nom de Water dans la nomenclature CTFA, qui réglemente le marché américain)...

À noter qu'il ne suffit pas d'étudier la liste des ingrédients une seule fois : certains produits cosmétiques peuvent changer de formule (en gardant parfois le même nom et la même présentation) et leur liste d'ingrédients peut évoluer. Par prudence, mieux vaut relire la composition avant d'acheter un produit, même quand on a déjà l'habitude de l'utiliser.

Les allergènes « classiques »

Les parfums et les conservateurs arrivent toujours en tête des allergènes de contact aux cosmétiques.

Les parfums

La réglementation actuelle impose l'étiquetage de 26 substances considérées comme potentiellement à risque d'allergies et utilisées comme parfums ou additifs aromatiques, dès qu'elles sont présentes en concentration de 0,001 % dans les produits non rincés et 0,01 % pour les produits rincés.
En nomenclature INCI, un Parfum peut être déclaré sous les termes de Parfum ou Aroma, ce qui comprend tous les substances constituantes du composé odorant, les 26 substances allergènes comme toutes les autres... Mais si un fabricant utilise une huile essentielle qui contient naturellement une des substances listées, il doit mentionner les deux sur la liste des ingrédients (par exemple : huile essentielle de citron et limonène).
À noter : Le Benzyl alcohol fait partie des 26 substances parfumantes soumises à l'obligation d'étiquetage, mais il peut aussi être utilisé comme conservateur et se retrouver dans un produit « sans parfum ».

La nouvelle batterie standard européenne (BSE)

Parmi les 26 molécules aromatiques allergènes, seules 8 sont dépistées par les tests allergologiques de la batterie standard européenne, connue sous le nom de Fragrance Mix. Un nouveau test, le Fragrance Mix II (comportant 6 autres substances de cette liste des 26) est intégré dans la batterie standard de 2009.

Les conservateurs

  • Le Kathon CG® (Methylisothiazolinone + Methylchloroisothiazolinone) est un allergène très courant. Sa prévalence est en baisse, sauf dans le cas des lingettes pour bébé car ces produits n'étant pas rincés, la substance reste en contact avec la peau.
  • Le MDGN (Methyldibromo glutaronitrile) était aussi un allergène fort. Il est maintenant totalement interdit dans la composition des cosmétiques et on ne devrait plus le rencontrer, mais il vient cependant de rentrer dans la batterie standard.
  • Les allergies au formol et aux libérateurs de formol sont en augmentation.
  • Les parabens ne sont jamais ou presque jamais incriminés dans des phénomènes d'allergies. Pour les allergologues, ce sont des ingrédients sans risque. À noter qu'allergologues et toxicologues ont  souvent des appréciations différentes sur ce point.

D'autres conservateurs comme le diméthylglutaronitrile, parfois proposé pour remplacer les parabens, ne sont en revanche pas sans inconvénients. Les huiles essentielles peuvent aussi être utilisées en tant que conservateurs, mais elles aussi peuvent se révéler allergisantes.

 


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