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C'est une protection naturelle, fine et multiple que partage toute l'humanité. Aux quatre coins du monde, la place que la société lui accorde évolue depuis la nuit des temps, au fil des croyances, des modes et des traditions. Tous croient le connaître, mais il n'a pas fini de révéler ses secrets. Tour à tour siège de la protection divine ou symbole de liens magiques, image de force ou emblème de féminité, signe distinctif d'appartenance à un groupe ou attribut d'une individualité glorifiée, après avoir été soumis à d'incroyables traitements, il est devenu aujourd'hui l'objet de soins quotidiens. Les scientifiques se penchent sur son origine pour mieux en comprendre la croissance, les cosmétologues s'ingénient à inventer des produits pour en modifier la forme ou la couleur. Qui est-ce ?... Notre cheveu.
Présentation de l'éditeur
100 000 à 150 000 cheveux, soit 200 à 300 cheveux par cm², c'est, en moyenne, ce que comprend la chevelure d'un individu, homme ou femme. Raides, bouclés, frisés, crépus, blonds, roux, châtains ou bruns, leur forme et leur couleur varient infiniment selon l'origine ethnique, le capital génétique et l'âge de chacun.
Si aujourd'hui, on s'attache à étudier et expliquer scientifiquement leur nature, les causes de leur pousse comme de leur chute, leurs propriétés mécaniques ou cosmétiques, depuis toujours et dans toutes les civilisations, le cheveu fascine. Chez les primitifs, dans le monde de la Bible ou celui de l'Antiquité, on lui prête une signification magique ou sacrée.
Dans la société, les cheveux ont aussi un langage : leur abondance ou leur rareté, leur couleur et leur forme dévoilent les caractères. Leur sacrifice est requis par les religions qui exigent la tonsure ou le voile, ou par les sociétés qui rasent les esclaves, les prisonniers ou les femmes adultères. Plus récemment les cheveux courts des "garçonnes" ont symbolisé la libération des femmes et les cheveux longs des hommes ont exprimé la contestation et le refus de l'ordre établi.
Et surtout les cheveux sont l'expression d'une culture : alors que le sauvage est velu, l'être civilisé a les cheveux taillés et coiffés. Le cheveu est une parure qui exprime la beauté, la sensualité et la place dans la société.
Dans cet ouvrage, plus de 150 documents décrivent et font vivre le cheveu, à travers les civilisations et l'histoire, la culture et la science : peintures, dessins, gravures, photographies anciennes et contemporaines, affiches et publicités, schémas et photographies au microscope ; croyances, rituels, usages, magies ; coiffures, perruques, frisures, colorations, chimie et biologie.
Les auteurs
Marie-Christine Auzou, pharmacien de la Faculté de Pharmacie de Paris, elle a enseigné les aspects techniques et réglementaires de la cosmétique dans plusieurs universités avant de créer, en 1984, le département de Communication scientifique des laboratoires de Recherche Appliquée et Développement capillaires du Groupe L'Oréal.
Sabine Melchior-Bonnet est historienne, attachée à une chaire d'histoire moderne et contemporaine au Collège de France. Elle s'intéresse à l'évolution des sensibilités et à l'histoire des femmes. Elle a publié, entre autres, une Histoire du miroir (Hachette), L'Art de vivre au temps de Diane de Poitiers (Nil), La jeune fille au miroir de Titien (Armand Colin), La Vie devant elles, histoire de la femme de cinquante ans (La Martinière).
Disponible en librairies et sur Internet
• Les vies du cheveu, de Marie-Christine Auzou et Sabine Melchior-Bonnet, éditions Gallimard (nouvelle édition 2011), 128 p., 13,20 €.
Retrouvez tous les experts de l'Observatoire des Cosmétiques. Tous sont indépendants de toute marque et tout laboratoire cosmétiques, et vous répondent en toute liberté.