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16 DECEMBRE 2016 L'actualité des cosmétiques

Odeur de réussite pour le Grand Musée du Parfum

Le Grand Musée du Parfum ouvre ses portes au grand public le jeudi 22 décembre. Situé dans le 8e arrondissement, ce nouveau lieu a pour ambition de faire découvrir au plus grand nombre l’art subtil qu’est la parfumerie. Un musée ludique, unique en son genre, accessible à tous, et qui donne envie d’y rester des heures. Une petite révolution dans le monde des acteurs du paysage culturel parisien.

C'est dans la très chic rue du Faubourg Saint Honoré, plus précisément au 73, que le Grand Musée du Parfum a élu domicile. Pour autant, il ne se dévoile pas au premier nez qui passe puisqu'il faut d'abord entrer dans une cour avant de voir le grand hôtel particulier qui l'accueille. Installé sur trois niveaux, il entend initier ses visiteurs au monde alambiqué de l'olfaction. L'odeur irrésistible de la curiosité encourage à pousser ses portes. Que trouve-t-on à l'intérieur de ce lieu, le pari est t-il réussi ? Reportage.

Un peu d'histoire ne fait jamais de mal

Le début de la visite commence au sous-sol. Un escalier en colimaçon mène à une pièce à l'ambiance tamisée, presque mystique. Sur le sol, un écran diffuse l'image entêtante d'un effluve de parfum, ondoyant. C'est ici que les bases historiques du parfum sont posées. Sobrement intitulé "la Galerie des Séducteurs", la première frange de ce parcours met en exergue l'histoire du parfum à travers des couples légendaires. Ainsi, en partant de Cléopâtre et Marc-Antoine, en passant par la Reine de Saba et le Roi Salomon jusqu'à des personnalités plus contemporaines, comme Louise Brooks et les garçonnes, l'accent est mis sur la métamorphose et l'importance du parfum au fil des siècles.
La suite de la visite se poursuit dans une salle dont la scénographie évoque un temple antique. Lumière douce, stèles et vasques immergent les visiteurs dans les sources antiques du parfum, remontant à l'Égypte ancienne. Même ceux qui rechignent à lire dans les musées se laissent happer par les mythes qui entourent les ingrédients légendaires que sont la myrrhe et l'oliban, tant les contenus sont intéressants et accessibles à tous.
La troisième salle invite à se plonger dans les différentes évolutions que le parfum a connu à travers le Moyen-Âge, ainsi que ses légendes comme l'Eau de la Reine de Hongrie (élixir de jouvence qui aurait redonné à la reine de Pologne la fraicheur de ses 20 ans) ou Le Vinaigre des Quatre Voleurs (un parfum qui protégeait de la peste). Pour les raconter, le Grand Musée du Parfum a adapté ces histoires en dessin animé, au design particulièrement léché et en mettant à disposition des diffuseurs, permettant de sentir le parfum rattaché à ces légendes. Et oui, au musée du parfum, on ne fait pas que lire, on sent également.
Enfin, la dernière salle est dédiée à l'Essor de la parfumerie française à partir des années 1830. On y trouve notamment la reconstitution d'une parfumerie parisienne d'époque ainsi qu'une vitrine exposant une partie des flacons iconiques made in France.

Mettre son nez partout

Bien que la première partie du musée permette de sentir certaines odeurs, c'est réellement au premier étage que le visiteur va commencer à utiliser son appendice nasal. Avant de renifler tout ce qu'il y a à portée de nez, une animation explique le mécanisme entre le cerveau et l'odorat. Trêve de théorie, il est temps de passer à la pratique. C'est là que le Jardin des Senteurs intervient. Dans une salle blanche, des fleurs géantes, déformées, dont les tiges s'entremêlent, se dressent. La scénographie fait penser à un champ dans lequel la pousse est à la fois anarchique et poétique. Chacune de ses fleurs renferme une senteur. Il faut donc s'en approcher, et mettre la tête dans sa corolle. Le but étant de faire fonctionner l'olfaction de chacun, de faire réagir l'inconscient. Un peu comme la madeleine de Proust, certaines de ces odeurs font replonger en enfance, ou peuvent raviver certains souvenirs. Pour ceux dont l'odorat est capricieux, il suffit de regarder le haut de la corolle, elle révèle d'où sont tirées les effluves. Les enfants ne seront pas oubliés puisque certaines fleurs leur sont consacrées, avec des odeurs plus faciles à caractériser.
Cette partie du musée est très ludique, et convoque les sens. Le visiteur devient réellement acteur de son parcours puisqu'il y participe, est éveillé et interpellé dans son inconscient le plus enfoui

Le parfumeur : chimiste ou artiste ?

La dernière partie, et pas des moindres, est consacrée au parfumeur, à celui qui crée les parfums que l'on utilise tous les jours. Cet espace a plusieurs vocations. La première est de montrer, à travers une galerie de portraits vidéo (dont la programmation change régulièrement), que le parfumeur n'est pas un chimiste, mais un artiste. Bien que la conception d'un parfum résulte d'un procédé chimique, son odeur finie provient, elle, de la personnalité de l'artisan.
Dans un deuxième temps, il est possible de découvrir avec quelles matières premières le parfumeur travaille. Installées sur des suspensions, 25 d'entre elles sont exposées au grand public. Présentées sous forme de grosses gouttes cuivrées, il suffit de les prendre, de les retourner et de les approcher de son visage pour pouvoir les sentir. Les odeurs sont fortes, brutes, à l'état pur. Le principe du jeu olfactif reste le même, d'abord on sent, ensuite on découvre. Ainsi, une fois les gouttes retournées et senties, il faut les porter à l'oreille pour savoir de quoi il s'agit. De la lavande jusqu'à la fève tonka, le nez finit par perdre pied.

De la place du parfum dans l'histoire à sa fabrication même, le Grand Musée du Parfum distille avec chic et esthétique les différents aspects de cet élixir qui séduit tant. Beaucoup de belles choses restent à découvrir dans ce musée, comme la création prochaine d'une serre chaude dans le grand jardin de l'hôtel. Autant dire que si, pour le moment, le musée remis à neuf sent encore la peinture fraiche, il ne tardera pas à exhaler des odeurs plus délicates. Le droit d'entrée, en tarif plein, est de 14 € 50. Un prix amplement justifié par la qualité des contenus proposés.

JS

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