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"Les produits cosmétiques mis sur le marché à l'intérieur de la Communauté ne doivent pas nuire à la santé humaine lorsqu'ils sont appliqués dans les conditions normales ou raisonnablement prévisibles d'utilisation..."
Ainsi commence l'article 2 de la Directive 76/768/CE, dite « Directive Cosmétiques », qui réglemente les produits d'hygiène et de beauté en Europe. Quant un ministre d'un gouvernement au sein de l'Union Européenne propose de mettre en garde les femmes enceintes des risques que pourrait courir leur enfant à cause de l'utilisation de ces produits (voir l'article Un logo sur les cosmétiques dangereux pour la santé ?), et qu'on sait que des mesures semblables ont déjà été prises ailleurs (par exemple au Danemark), ce principe de base mérite d'être rappelé... et ré-étudié.
8 décembre 2008
On entend bien souvent les représentants de l'industrie cosmétiques dire aux consommateurs que tout va bien et qu'il ne faut pas s'inquiéter : les cosmétiques sont réglementés, testés, contrôlés pour assurer le plus haut degré de sécurité possible, les fabricants sont des gens sérieux et responsables. À les entendre, les associations ou les scientifiques qui dénoncent tel danger ou tel risque lié à l'utilisation des cosmétiques ne seraient que des « affoleurs de public » en mal de coup médiatique. Oui, mais... un ministre, quand même, ne peut pas être soupçonné de vouloir se faire un coup de pub en inquiétant la population. Et on peut aller jusqu'à affirmer que Roselyne Bachelot n'a pas lancé sa proposition sans avoir à sa disposition un dossier bien étayé permettant de conclure à un risque sérieux.
Il est vrai que les fabricants de cosmétiques n'ont aucun intérêt à ce que leurs produits soient responsables d'effets secondaires sur leurs clients, et on peut raisonnablement affirmer que la plupart sont sûrs d'emploi. Mais il s'avère tout aussi probable que cette affirmation ne peut être considérée qu'au regard des connaissances que la communauté scientifique a aujourd'hui des ingrédients qui les composent. Et que ces connaissances évoluent sans cesse.
La législation Reach, en améliorant les données sur beaucoup d'entre eux, ne peut que les approfondir encore. Et déjà, certaines données, comme par exemple celles des doses considérées inoffensives de certains composés, sont remises en cause, notamment par les expérimentations qui étudient « l'effet cocktail », quand on n'étudie plus les substances indépendamment les unes des autres, mais en mélange... telles qu'elles se retrouvent dans notre organisme (voir l'article 0 + 0 + 0 = 7).
On ne doute plus de l'effet terrible que peuvent engendrer les perturbateurs endocriniens sur le développement des fœtus ou sur la fertilité masculine. On suspecte un bon nombre d'ingrédients cosmétiques d'avoir une activité de type œstrogénique, un potentiel cancérogène, une toxicité systémique... Alors, oui : certains cosmétiques, loin d'être des produits anodins, peuvent être dangereux pour la santé.
Et en attendant que les études scientifiques le confirment de façon indiscutable, puis que les législations traduisent leurs conclusions dans les exigences appliquées aux cosmétiques (ce qui peut prendre encore quelques années), nous n'avons d'autre choix, chacun à notre niveau, que d'appliquer le principe de précaution, pour nous protéger (et protéger nos enfants) des risques, encore éventuels aujourd'hui, peut-être avérés demain. En choisissant, par exemple, les produits les moins suspects... ce qui suppose de savoir les reconnaître. La tâche n'est pas simple, c'est tout le but de ce site que d'y aider chaque consommateur. Et l'actualité vient rappeler, au moment-même de son lancement, toute la pertinence et l'urgence de cette démarche.
Laurence Wittner
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